François Villon (1)

Publié le par Fanyoun






Avant tout, je pense qu'il faut dégager Villon de ses légendes : il n'a jamais été ni un bon luron expert en "repues fraîches", ni un naïf au coeur pur, ni un précurseur de la bohème romantique, ni un amateur de perversion sexuelle. Plus compliqué que l'un ou l'autre de ces personnages mythiques, le vrai Villon s'est laissé entrevoir, à partir de 1850 environ, grâce à des travaux d'érudition, à la découverte de documents, à l'examen toujours plus minutieux de son texte, de son langage et de son art. Il serait d'ailleurs vain de chercher un principe d'unité chez un être aussi mobile, instable et divisé.
Chez Villon, la création poétique est toujours liée aux incidents de la vie, qu'elle en naisse ou qu'elle soit une revanche sur les infortunes et les hontes subies.

Né à Paris en 1431, d'humbles parents, orphelin de père dès son bas âge, François de Montcorbier ou François des Loges  fut confié, vers sa huitième année, à Maître Guillaume de Villon, dont il devait prendre le nom, un chapelain de l'église de Saint Benoît Le Bétourné, près de la Sorbonne.  Au coeur du quartier latin, souvent tumultueux, mais dans l'atmotsphère paisible du cloître Saint Benoît, son "plus que père" élève, instruit François, le prépare à être clerc.
De fait, Villon est reçu bachelier ès arts et lettres en 1449, puis licencié et maître ès arts en 1452, à vingt et un ans. Mais il semble aussi qu'alors, il avait déjà commencé la délicieuse glissade, toujours plus accélérée vers les tavernes et les filles. Comment résister au bonheur de suivr "les précieux galants si plaisants" ? Puix aux compagnies légères succèdèrent ou se mêlèrent les compagnies douteuses déshonnêtes ou malhonnêtes.
Apparemment, Villon a fréquenté à la fois une jeunesse dorée, beaucoup plus riche que lui, "écolier" sans savoir, et une pègre venues des bas-fonds.
Le 5 juin 1455, un premie coup du sort l'atteint : au cours d'une rixe causée par une certaine Isabeau, il tue un prêtre au demeurant peu respectable. Il a commis ce meurtre en état de légitime défense. Il juge néanmoins prudent de s'éloigner de Paris, où il revient en 1456, après avoir obtenu des lettres de rémission. Va-t-il pour autant s'amender ? C'est tout le contraire. Vers Noël de la même année, il dérobe avec des complices cinq cent écus d'or au Collège de Navarre. Au lendemain de ce vol, découvert seulement trois mois plus tard, le sjour à Paris lui paraît de nouveau malsain. Il compose son Lais où il distribue des legs ironiques à ses amis et à d'autres, qu'il n'aime pas, où il annonce qu'il va se rendre à Angers pour se consoler.

Il commence une vie de vagabond, avec des rencontres de gueux, de truands, de comédiens itinérants, mais aussi des haltes dans les cours de hauts seigneurs à Angers chez le roi René, à Blois chez Charles d'Orléans, peut-être aussi à Moulins chez le Duc de Bourbon, et à l'automne 1461, après avoir passé tout l'été, on ignore pour quel méfait,  dans la prison de l'évêque d'Orléans,Thibault d'Aussigny à Meung sur Loire. Il aurait sans doute terminé là sa vie dans un affreux cachots sans la délivrance que lui valut, en don de joyeux avènement, le passage du nouveau roi Louis XI.


Commenter cet article

Brigitte 10/08/2008 11:35

Passionnée par tes articles sur F.Villon, je l'ai tjrs aimé depuis mon adolescence donc merci françoise.Je vais le relire

Fanyoun 20/08/2008 20:00


Merci ma Brigitte. Relis, relis donc Villon et tu va être émue comme à tes quinze ans, j'en suis certaine.


Jef 05/08/2008 21:30

Mais quoy ! je fuyoië l'escolle Comme fait le mauvaiz enffant En escripvant cette parolle A peu que le cueur ne me fent...

Fanyoun 20/08/2008 20:02





Hé! Dieu, se j'eusse estudié,






Ou temps de ma jeunesse folle,






Et a bonnes meurs dedié,




J'eusse maison et couche molle,