"L'instinct d'Inez" de Carlos Fuentes

Publié le par Fanyoun







"Londres, 1940. Le célèvre chef d'orchestre français Gabriel Atlan-Ferra monte la Dammation de Faust d'Hector Berlioz. Il rencontre une jeune cantatrice mexicaine, Inés, qui deviendra Inez Prada. Passion impossible qui ne connaître que deux autres rencontres., lors de deux représentations de Faust où Inez est habitée par un autre personnage, une femme ayant vécu à l'aube de l'humanité, peu avant les grandes glaciations, et dont le destin sera tragique. C'est cette femme qui découvre le chant comme nécessité pour exprimer ses sentiments.
Deux histoires se nouent ainsi autour d'une conception du temps : le passé est un futur et le futur un éternel retour dans la spirale infinie de la Création permanente à partir du chaos  de l'origine, symbolisé parle finale de La Damnation de Faust.

Dans L'instinct d'Inez, Carlos Fuentes revient à l'une de ses meilleures veines : celle du mystère des êtres dont l'essence profonde excède leur propre histoire, pour entre dans la chaîne multiple de l'histoire de l'humanité".

Editions Gallimard, Collection Folio - Mars 2005.
ISBN : 978-2-070-306-336
197 pages - 22 Euros.




Mon avis :

Roman composé de deux histoires avec pour chacune un style différent.

Gabriel Atlan-Ferrera est chef d'orchestre et compositeur. Son imaginaire l'entraîne à 93 ans à une longue réflexion sur l'héritage et surtout sur sa liaison avec la diva Inez Prada. L'avenir est pour lui la mort, mais son passé est Inez et l'amour impossible (et oui, encore !!!) qu'ils ont partagé, Inez représente l'éternité. Histoire développée sur une quarantaine d'années. Ceci est la première histoire.
La seconde est très différente de la première.  Elle est également tragique car amour (incestueux ou pas ?) et elle se passe dans l'ère des grandes glaciations avec grotte, vie tribale, parricide, fratricide.... Inez est rattrapée par ses ancêtres.

Pour être plus claire, je vais vous dire ce que je crois avec nuance avoir compris... ce n'est pas gagné !!! Je me lance :

C'est un roman relativement court (197 pages) et Fuentes a fusionné ces deux histoires, disparates à première vue. Différentes car la narration change comme une rupture de style et cela m'a quelque peu déconcertée. Je me suis aussi posée la question de la symbolique du fameux sceau de cristal et j'en ai déduit que c'est peut-être le lien entre espace et temps, entre mysticisme et  réalité. La connexion est l'oeuvre de Berlioz La Damnation de Faust et les paroles chantées par le Démon dans les choeurs qui définit presque la relation entre Inez et Gabriel.

Je n'ai trouvé aucune virtuosité à ce roman ou peut-être il y en avait-il trop pour que je l'apprécie vraiment.
Les méthaphores et allégories m'ont quelque peu échappé. Il y en avait beaucoup. beaucoup trop

C'est un grand roman d'amour, d'amour rarement comblé, différé, à la recherche d'une pureté originelle, animale, soudain, explosif et cependant délivré à la damnation : "Je n'ai pas pêché, vous les anges, vous le savez, vous m'emportez au paradis à contrecoeur, mais vous ne pouvez qu'accepter ma joie sensuelle dans les bras de mon amant" (Cf : La république des lettres).
Cette phrase qui ne m'a sauté aux yeux  pendant ma lecture, je la trouve magnifique et  elle m'interpelle maintenant intimement.

J'avais acheté après avoir cherché dans quatre librairies L'instinct d'Inez sans succès, Les années avec Laura Diaz à défaut. Une cinquième librairie se trouvant sur mon chemin, j'y suis entrée et là, une pile de L'instinct d'Inez s'y trouvait (maintenant vous comprenez pourquoi vous avez eu du mal à acquérir ce roman : tous les exemplaires se trouvaient à la librairie Jean Jaurès à Nice). Je crois que mon premier achat m'aurait davantage plu. Comme je ne veux pas rester en froid avec Fuentes qui, outre ses talents d'écrivains, est un homme engagé politiquement, je vais laisser passer un peu de temps et lire Ma vie avec Laura Diaz et si, sait-on jamais, un Docteur es Lettres passe dans le coin, qu'il me fasse signe. Je crois que, comme pour L'enfer de Dante, un cours magistral s'impose.

Tous les avis chez Sylire et Lisa que je remercie pour leur investissement et le travail considérable qu'elles acomplissent toutes les deux au sein de ce club de lecture.






Publié dans Littérature mexicaine

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Manu 06/05/2009 20:05

Je vois que tu as beaucoup réfléchi à la symbolique de l'oeuvre. J'avoue que je n'ai pas eu ce courage. Je suis curieuse de lire ton avis sur la deuxième oeuvre de Fuentes.

Fanyoun 07/05/2009 07:31


Effectivement... même si je n'ai pas compris grand chose


kattylou 03/05/2009 14:07

Je crois que c'est ma dernière lecture de cet auteur il t en a tellement à lire ... dommage l'ecriture est belle et l'histoire était bien partie.

Annie 03/05/2009 11:08

C'est le genre de livre sur lequel il faut revenir et de plus, mieux connaître les autres ouvrages de cet auteur pour tout capter...parce qu'il y a sûrement des références  à sa histoire personnelle, à l'Histoire de son pays, sa culture et que sais-je.Plus tard, lorsque j'aurai digéré celui-ci, je lirai "Diane et la chasseresse solitaire" qui parle de sa très courte liaison avec Jean Seberg...

Thaïs 03/05/2009 06:13

Tu me donnes l'idée d'un autre titre, je vais continuer sur ma lancée.Bravo pour ton club de lecture !Bon dimanche

Nina 02/05/2009 22:31

Il faudrait presque le relire avec les éclairages du chacun, moi pareille je n'avais pas vu cette phrase très belle qui est à la page 105 je crois, et noté par la république des lettre. Bon du coup tu as un autre roman à lire de Fuentès, moi je vais attendre un peu et puis je me laisserais peut-être tenter par un autre titre.