Littérature japonaise



"Née en 1892, vendue à l'âge de huit ans, Kinu Yamaguchi fera l'apprentissage du dur métier de geisha. C'est un peu l'envers du décor qu'elle raconte : avant de porter le kimono de soie, il lui faudra vivre un apprentissage rigoureux, étudier tous les arts du divertissement et endurer pour cela privations, exercices physiques traumatisants, soumission aux coups sous les ordres de Mère et des grandes soeurs. Après son initiation sexuelle, elle s'enfuira, puis reviendra vivre dans le quartier réservé avant de devenir elle-même patronne d'une maison de geishas.
Récit bouleversant, description édifiante de la vie de tous les jours dans l'intimité d'une okiya, avec ses cérémonies, ses coutumes, ses fêtes et ses jeux. On y entend des histoires de plaisirs, de chagrins, de courage aussi, qui éclairent sous un jour nouveau ce monde fermé sur lequel l'occident ne cesse de s'illusionner".

Editions Picquier Poche, Juillet 2007.
ISBN : 978-2-87730-334-7
280 pages - 8,50 Euros.



Mon avis :

Comme beaucoup de lecteurs, je recommande de ne pas confondre le roman de Yuki INOUE avec le roman homonyne d'Arthur Golden.  A noter également que les geishas ont inspiré Rob Marshall en 2006 mais si le romanesque et l'émotion étaient présents dans l'oeuvre cinématographique, le roman de Inoué laisse place à la véracité, aux faits et à l'histoire (au sens propre du terme).

La trame de l'histoire est citée ci-dessus dans la quatrième de couverture, je ne m'y attarde donc pas.

Yuki Inoué a recueilli le témoignage de Kinu qui avait 84 ans. C'est donc au début du XIXème siècle que débute le récit de cette gamine qui, dès l'âge de huit ans, va apprendre pendant de nombreuses années le dur métier de geisha. Histoire bouleversante et fidèle au témoignage de Kinu, elle est en outre très riche d'informations : le parcours des geishas y est décrit sans fioriture, sans mélo, le tout sur un fond historique et sur l'évolution de ce métier qui perd peu à peu de son "prestige". Instructif, courage, révolte et résignation sont les adjectifs que j'utilise pour décrire ce roman.

 

Geisha ou Geiko signifie "quelqu'un qui pratique ou vit par le gei (l'art)", ou plutôt les arts. Les arts musicaux : le jeu du shamisien (instruments à corde), du tambour, de la danse et du chant traditionnel et les autres : la cérémonie du thé, de la calligraphie et de la conversation.
Dans les Okiyas, régentés par les Okamisan (mère qui tient la maison), vivent les geishas, les maikos  (titre attribué à partir de 17 ans) et les tamagos (jeunes filles en apprentissage). Le roman de Inoué nous apprend que l'habillage, le maquillage, la manière dont sont attachés les cheveux ont leur importance, tout est codifié.

Les maikos, généralement vendues par leurs parents, sont toujours endettées et elles mettentdes années à rembourser : Coût des leçons, de l'apprentissage des arts, des kimonos... d'où le travail de servitude auquel devra se plier pendant de nombreuses années la future geisha afin d'acquitter sa dette. La plupart d'entre elles espérait rencontrer leur dana, leur protecteur : un homme qui leur fournirait kimono et argent, parfois même le remboursement de leur créance, en échange de faveurs sexuelles. Il est dit que les geishas ne sont pas des prostitués bien que leur virginité se négociait et s'achetait  à prix d'or selon la beauté de la jeune fille, on appelle cela le mizuage mais l'histoire de Kinu semble nous indiquer le contraire. La différence étant que les geishas, outre des objets de plaisirs, étaient des artistes accomplissant leurs arts avec perfection, à l'inverse des prostituées qui ne sont là que pour... je ne vous fais pas un dessin.

Ces mémoires qui nous livrées par l'intermédiaire de Yuki Inoué retranscrivent simplement une condition, une vie, des faits.

Je vous encourage vivement à lire cette oeuvre mais si vous souhaitez du romanesque, passez votre chemin et choisissez plutôt le roman de Golden. Moi, j'ai de loin, de très très loin, préféré celui-ci.


Vendredi 8 mai 5 08 /05 /Mai 21:00
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"Hajime a connu pour la première fois l'amour en compagnie de la douce Shimamoto-San. Séparés par la vie, il n'a pourtant jamais oublié. Aujourd'hui, à l'aube de la quanrantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s'est construit une vie agréable entre sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il  à ses retrouvailles avec Shimamoto-San ?

L'heure est venue de porter Haruki Murakami en triomphe... Pourquoi lui ? Si vous posez la question, c'est que vous n'avez pas encore lu cet auteur immense. Sitôt que vous aurez pénétré dans son universes, vous aurez compris."

Mon avis :


L'histoire qui nous est contée est une histoire d'amour. L'amour. Le vrai. Celui qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie. L'amour fusionnel, passionné.  Cet amour que  l'on vit intensément mais qui ne dure pas. Peut-être aussi celui qu'on ne connaîtra jamais.

Les questions que l'on se pose enfant et plus tard, les premiers émois d'adolescents et les difficultés liées au passage adulte y sont magnifiquement décrites. Murakami a incontestablement un don pour cela.
Et pourtant, malgré ce très beau style et cette atmosphère particulière dans laquelle l'auteur nous entraîne, je n'ai pas ressenti de plaisir intense pendant ma lecture, ni de déplaisir d'ailleurs.
Shimamoto-San est un personnage qui "transpire" la souffrance  et le côté destructeur que cela entraîne avec  une certaine instabilité mentale. On ne sait absolument rien d'elle.
Hajime, quant à lui, est poursuivi par des questions existentielles : Les choix qu'il a pu faire dans vie et surtout cet amour pour Shimamoto-San qu'il pense être la réponse à ses questions. Si encore, il était malheureux et n'aimait pas sa femme, si encore la vie qu'il mène ne lui convenait pas, si sa femme n'était pas un modèle de douceur ? Mais ce n'est pas le cas et Hajime poursuit ses fantasmes jusqu'à ses retrouvailles avec son amour de jeunesse et la morale de ce roman est peut-être là ? Comment vivre pleinement sa vie en la passant à vouloir assouvir ses fantasme ? J'ai trouvé ce personnage très centré sur lui-même, voire égoîste.

Je vous conseille cependant la lecture de ce roman, ne serait ce que pour le style propre à Murakami.
Par contre, si vous espérez un choc des cultures, passez votre chemin. C'est un roman occidental où la culture japonaise ne figure pas.




Les liens pour découvrir les critiques des autres participantes chez
Sylire et chez Lisa



Lundi 1 septembre 1 01 /09 /Sep 00:05
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