"Le rire de l'ogre" de Pierre Péju
"Paul Marleau a seize ans, et en cet été 1963, il séjourne en Allemagne chez un correspondant. Il fait la connaissance de Clara, fille d'un ancien médecin de la Wehrmacht, et découvre avec elle les premiers émois amoureux, mais aussi le drame effroyable survenu dans la forêt qui entoure cette petite ville de Bavière faussement paisible. Enfants de la paix, ils comprennent que des "fêlures de guerre" se propagent dans la douceur apparente de leur époque. Guerres que l'on croit finies, ou guerres actuelles jamais très lointaines.
Les années passent, Paul devient Sculpteur et Clara photographe. Ils s'attirent autant qu'ils se fuient, tentant désespérement de donner un sens à leur vie, occupés à comprendre et à traquer le Mal...
Roman de guerre, roman d'amour, méditation sur l'art et le bonheur, Le Rire de l'ogre est l'histoire de toutes ces vies confrontées à l'ambiguïté et à la brutalité du siècle, et surtout une saisissante réfléxion sur le mal et l'engagement."
Mon avis :
Le prologue : un conte, en voici un petit extrait :
"... Un jour, en pleine forêt, l'ogre rencontra un petit garçon et une petite fille complètement perdus. Parents morts, village brûlé, personne au monde. Il se pencha vers eux pour leur demander de façon doucereuse s'ils n'avaient pas besoin d'aide, puis il saisit leurs petites mains dans ses gigantesques pognes et les entraîna sur un de ces chemins qui ne mènent nulle part.
il n'avait pas encore très faim, mais il savait quel plaisir il prendrait à croquer vivants la fillette et son petit frère tandis qu'ils se tortilleraient."
Le roman débute, outre la rencontre de Paul Marleau et de Clara, par la narration difficile d'une scène de tuerie pendant la 2nd guerre mondiale. Un médecin, le Dr Lafontaine (le père de Clara) et un jeune lieutenant de la Wehrmacht, le Lieutenant Moritz participent en 1941, sur ordre de la gestapo, à un véritable massacre : hommes, femmes et enfants juifs abattus au pistolet l'un après l'autre. Ces deux hommes essayeront, en vain, d'apporter un peu d'humanité pour sauver les plus jeunes enfants.
La 1ère partie du livre fait des bonds de 1963 à 1941. C'est la partie que j'ai trouvé la plus émouvante. On y retrouve l'amnésie, la mémoire, le malaise vis à vis du passé, difficile parfois à supporter, mais d'une manière que je trouve moins délicate que dans "Le Liseur" de Bernhard Schlink.
La 2nd guerre partie, Clara est devenue photographe de guerre, elle traque l'instand de mort sur sur les visages des combattants et sur celui des survivants. Paul quant à lui est devenu sculpteur. Et tout au long ces années (Cf. La 4ème de couverture), Paul et Clara s'attirent autant qu'il se fuient.
Clara, l'indomptable, l'insoumise, la désirable si désemparée et Jeanne, l'épouse de Paul, si voluptueuse, qui va aimer Paul tout simplement, qui l'aimer d'un amour réconfortant et fort.
Je découvre Pierre Péju avec ce roman. Et je dois dire que la grande qualité d'écriture m'a impressionnée. Cette manière si personnelle de schématiser les sentiments et la construction de ce récit montre un réel talent d'écrivain.
Cela étant, l'écriture m'a semblée tellement sombre, tellement désespérée... Ma lecture juste achevée, je pense qu'on peut adorer ou détester. Moi, je l'ai aimé.
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Les années passent, Paul devient Sculpteur et Clara photographe. Ils s'attirent autant qu'ils se fuient, tentant désespérement de donner un sens à leur vie, occupés à comprendre et à traquer le Mal...
Roman de guerre, roman d'amour, méditation sur l'art et le bonheur, Le Rire de l'ogre est l'histoire de toutes ces vies confrontées à l'ambiguïté et à la brutalité du siècle, et surtout une saisissante réfléxion sur le mal et l'engagement."
Mon avis :
Le prologue : un conte, en voici un petit extrait :
"... Un jour, en pleine forêt, l'ogre rencontra un petit garçon et une petite fille complètement perdus. Parents morts, village brûlé, personne au monde. Il se pencha vers eux pour leur demander de façon doucereuse s'ils n'avaient pas besoin d'aide, puis il saisit leurs petites mains dans ses gigantesques pognes et les entraîna sur un de ces chemins qui ne mènent nulle part.
il n'avait pas encore très faim, mais il savait quel plaisir il prendrait à croquer vivants la fillette et son petit frère tandis qu'ils se tortilleraient."
Le roman débute, outre la rencontre de Paul Marleau et de Clara, par la narration difficile d'une scène de tuerie pendant la 2nd guerre mondiale. Un médecin, le Dr Lafontaine (le père de Clara) et un jeune lieutenant de la Wehrmacht, le Lieutenant Moritz participent en 1941, sur ordre de la gestapo, à un véritable massacre : hommes, femmes et enfants juifs abattus au pistolet l'un après l'autre. Ces deux hommes essayeront, en vain, d'apporter un peu d'humanité pour sauver les plus jeunes enfants.
La 1ère partie du livre fait des bonds de 1963 à 1941. C'est la partie que j'ai trouvé la plus émouvante. On y retrouve l'amnésie, la mémoire, le malaise vis à vis du passé, difficile parfois à supporter, mais d'une manière que je trouve moins délicate que dans "Le Liseur" de Bernhard Schlink.
La 2nd guerre partie, Clara est devenue photographe de guerre, elle traque l'instand de mort sur sur les visages des combattants et sur celui des survivants. Paul quant à lui est devenu sculpteur. Et tout au long ces années (Cf. La 4ème de couverture), Paul et Clara s'attirent autant qu'il se fuient.
Clara, l'indomptable, l'insoumise, la désirable si désemparée et Jeanne, l'épouse de Paul, si voluptueuse, qui va aimer Paul tout simplement, qui l'aimer d'un amour réconfortant et fort.
Je découvre Pierre Péju avec ce roman. Et je dois dire que la grande qualité d'écriture m'a impressionnée. Cette manière si personnelle de schématiser les sentiments et la construction de ce récit montre un réel talent d'écrivain.
Cela étant, l'écriture m'a semblée tellement sombre, tellement désespérée... Ma lecture juste achevée, je pense qu'on peut adorer ou détester. Moi, je l'ai aimé.
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